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FIL INFO XP3 : Le pétrole aujourd’hui et demain selon UFIP

Le pétrole restera une énergie incontournable dans les décennies à venir. En France, en 2014, le pétrole représentait 30 % de l’énergie primaire, 41 % de l’énergie finale et 92 % de l’énergie du transport. En Europe, sa part était de 33 % dans l’énergie primaire, de 39 % dans l’énergie finale et de 94% dans le transport. À l’horizon 2040, les scénarios de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) les plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique indiquent que le pétrole comptera encore pour 22% de l’énergie primaire en Europe et plus de 75 % de l’énergie nécessaire au transport.

Demande et offre d’énergie : une équation mondiale délicate à résoudre

Toute notre civilisation s’est construite et développée autour de ce concentré d’énergie exceptionnel qu’est le pétrole. Sa forte densité énergétique – une grande quantité d’énergie dans un faible volume – et sa facilité de stockage et de transport en ont fait une énergie prépondérante dans le bouquet énergétique mondial – près de la moitié de l’énergie finale consommée en France – et expliquent son usage intensif dans les transports (à hauteur de 94% en Europe).
Parallèlement, la question du climat rend souhaitable une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) émis principalement par les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel).
Aujourd’hui, il n’existe pas encore d’alternative aussi économique et efficace pour assurer les besoins énergétiques du transport. Les recherches se multiplient, de plus en plus de biocarburants sont incorporés dans les essences et le gazole, les automobiles hybrides et électriques commencent à arriver sur le marché et le gaz naturel à alimenter certaines flottes de véhicules… Mais ces solutions encore coûteuses ne nous permettront pas de nous passer immédiatement d’une énergie familière et sur l’utilisation de laquelle un grand nombre de progrès peuvent encore être accomplis. Même chose pour la fabrication des plastiques : si les chimistes redoublent d’efforts pour mettre au point de nouveaux procédés permettant de substituer au naphta, issu du pétrole brut, d’autres matières premières (comme le sucre ou les déchets végétaux), les bioplastiques ne devraient représenter en 2020 qu’1% de la production mondiale.
Même si sa part est appelée à baisser dans le bouquet énergétique mondial, de 32 à 27% d’ici 2035, le pétrole restera donc prépondérant dans les décennies à venir, y compris en France, dans l’hypothèse d’une confirmation du choix du nucléaire et plus encore en cas de sortie progressive de cette filière. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) prévoit ainsi qu’à l’horizon 2035, il devrait fournir encore près de 80% de l’énergie nécessaire au transport en Europe, du fait notamment d’une augmentation de la demande dans le transport maritime et aérien international.

Des besoins énergétiques mondiaux en croissance continue

La planète devrait compter plus de 9 milliards d’habitants en 2050, 2 milliards de plus qu’aujourd’hui, et qui auront tous besoin d’énergie. Un milliard et demi d’êtres humains n’ont toujours pas accès à l’électricité aujourd’hui et quand la France compte 600 véhicules automobiles pour 1 000 habitants, l’Inde en compte seulement 20 et la Chine 40. Si l’Europe et l’Amérique du Nord sont aujourd’hui appelées à la sobriété, le reste de la population mondiale va connaître un développement économique rapide et simultanément, la croissance de ses besoins en énergie. Selon l’AIE, la demande énergétique mondiale devrait ainsi augmenter de 35% entre 2011 et 2035, principalement du fait des pays émergents où elle devrait croître de 50% alors qu’elle devrait rester stable dans les pays de l’OCDE.

 

 

Une offre à terme qui dépendra des avancées technologiques

Comment répondre durablement à ces besoins supplémentaires en énergie ?
Une ère s’achève : celle du pétrole facilement accessible. Si les réserves prouvées de pétrole brut, en 2014, représentent 51 ans de consommation annuelle à l’échelle de la planète et si certains experts estiment que la totalité des ressources conventionnelles exploitables pourrait dépasser 100 années de consommation, la satisfaction d’une demande croissante pourrait s’avérer plus difficile à moyen terme. Ceci, parce que les réserves d’hydrocarbures sont de plus en plus complexes et coûteuses à exploiter. Leur développement nécessite des progrès technologiques multiples et est soumis à de fortes contraintes environnementales, économiques et géopolitiques (capacités d’investissement, manque de main-d’œuvre qualifiée, instabilité politique, accès limité aux ressources). Contrairement aux idées reçues, les majors pétrolières n’ont accès qu’à environ 10% des réserves mondiales.
Des prix élevés de l’énergie seront probablement le reflet de cette tension entre l’offre et la demande mondiales.

 

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